Le jeu de l’été des millionaires

Ma participation au jeu de l’été de Lise et Margaux sur MILLIONS de Mots

__________________________________________________________

L’angle de l’ombre portée d’un verre de bière

et vision de soif apaisée

 

Vision d’un angle, encore jamais rencontré, un angle plein d’arêtes, d e pointes et de reliefs. Sans angle mort. Au contraire bien vivants, les angles. Parmi tous les angles vivants, le plus dangereux. Certainement un aigüe de la pire espèce.

Ou alors, un ange nanti d’un seul “l” planté comme un grand i après la troisième lettre, et c‘est le handicap : car comment voler, quand on est ange, avec une seule aile ? L’angle de vision fait dans l’angélique, la vision qui sera ou ne sera pas du futur, et qu’en savons-nous, nous qui sommes incapables de voir, malheureux aveugles, et qui parlons de vision en confondant tout, hallucinations, fantasmes ? Qui viendra encore nous raconter des bobards d’anges et angles et vision et division ?

Trainant les pas sur le trottoir décati dans la moiteur d’un juillet qui commence, et je dois faire un texte sur ce thème: l’angle, ou l’ange, de vision.

Celle qui me l’a envoyé ayant l’habitude d’avaler les lettres, de les faire se chevaucher lorsqu’il n’y a aucune raison pour, ou de les escamoter lorsqu’elles sont indispensables, il est bien possible qu’elle m’ait rajouté un ”L” là où il n’en fallait pas, et changé par cela même tout le sens de la phrase.

Qui n’est pas une phrase, me rétorque vaillamment troisième œil toujours pointilleux et très attentif à mes fautes de dialectique surtout quand je baguenaude nonchalamment sur les trottoirs poussiéreux.

Mais enfin, j’y suis, observant d’un œil rond et sans angles à la fois la quadrature du cercle et l’imminence d’un danger qui se précise dans toute sa splendeur : l’angle, ou l’ange, de vision me regarde en ricanant et en me faisant les cornes. Ce qui est outrancier pour un ange, même affublé d’un seul L. Je sens que je n’en viendrai pas à bout, pas aujourd’hui, pas sous ce soleil de plomb qui met toutes les choses à plat et moi d’abord. Je me verrais bien allongé là, à même la poussière, dans l’odeur chaude de ce trottoir où je trébuche, assoiffé, pantelant. Expirant.

Si seulement il y avait un bar, un café, une terrasse ombragée de palmiers ou de platanes. Si seulement je rencontrais en chemin des guéridons de marbre cerclés de métal gris, des chaises pliantes, des parasols et la mer à portée d’orteil. Se lèvent des visions de bocs remplis de bière mousseuse, de verres humides, aux bords glacés, de perles d’eau fraiche coulant le long des doigts tandis que le bras se lève en angle vers ma soif.

Vision de verre de bière un après-midi d’été sur le boulevard Chénier à l’angle de la rue grand pavois, à coté du magasin d’épicerie fine de la Môme Claudette.

ML 3 juillet 2010

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :