Archive for ‘Le mot du jour’

01/04/2011

Bien commencer l’année

Me voici depuis hier 3 janvier auteur dans un projet discret lancé il y a un peu plus d’un mois par Lise Genz, discret car totalement privé. Le projet, dont j’ai la permission de parler ici, est assez banal : Lise a réunit plusieurs auteurs autour d’un synopsis assez compliqué puisqu’elle avoue elle-même ne pas en venir à bout seule. Voilà le pourquoi de ma présence là-bas : je suis chargée d’analyser les textes, non seulement corriger les grosses fautes de ponctuation ou ortho-typo, mais surtout voir si les textes s’harmonisent entre eux, ne choquent pas dans le sens de s’entrechoquer, s‘insèrent dans le projet initial, suivent le synopsis, et ont tous des chances d‘aboutir ensemble, en groupe, au mot fin.

Je reviendrai ici en parler, mais d’ores et déjà je peux dire que j’ai du travail en perspective. Je me sentais coupable d’avoir relâché le rythme ici dans la seconde moitié de 2010. Je crains fort qu’il en soit de même pour les mois à venir.

Mais grande (seconde) nouvelle : j’ai appris ce matin que le projet de Lise Genz va être doublé d’un second blog, style forum, public celui-ci, par lequel les lecteurs pourront suivre l’évolution des textes et de l’histoire.

Sentez-vous comme moi que 2011 sera un grand millésime ?

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05/17/2010

Croire – 3

Réponse à Franonyme. (Voir le commentaire de Franonyme)

D’abord, merci pour votre passage sur mon blog, et ma réponse était trop longue pour la petite fenêtre des com. Donc, voila :

Je pense, si je vous lis bien, que nous sommes d’accord sur plusieurs points.

Je ne crois pas NON PLUS en un dieu de vengeance, de terreur et de mort. J’appelle Dieu – parce que je ne vois pas très bien quel autre nom je pourrais Lui donner (et je mets des majuscules parce que Sa grandeur me dépasse) – un être, une chose, une pensée, un truc-machin imprécis et content de l’être – qui nous est, je le répète SUPERIEUR en tous points. Je l’invente peut-être, et pourquoi pas ? Autant inventer un dieu de super bonté et de super amour qu’un diable-monstre, n’est ce pas ? C’est quand même plus rassurant. J’ajoute que je ne force personne à croire ou non : chacun, sur ce point comme sur tant d’autres, est libre.

Je vous suis bien aussi lorsque vous abordez notre ignorance : ne pas admettre que nous ne savons pas serait le comble de la connerie. Bien sûr que nous ne savons pas. Bien sûr que nous ne saurons jamais. Nous qui ne savons même pas contrôler la température, la fonte des glaciers, le temps qu‘il fera dans une semaine, si nous savions quelque chose, la moindre chose, nous voudrions TOUS, autant que nous sommes (les milliards d‘humains sur cette planète) en profiter, (de en tirer profit) et CONTROLER DIEU si nous le connaissions de visu et de facto !

Alors, béni soit-Il et qu‘Il nous reste secret, perso, je trouve cela très bien.

Et la vie, avant, pendant et après notre vie humaine, je trouve aussi que c‘est parfait de ne rien en savoir. Rester suspendus entre deux minutes. Que dis-je ? Entre deux secondes. Le temps d‘écrire ce message, le temps de le poster, et j‘aurai peut-être disparu, ceux qui nous lisent seront précipités dans un grand malheur ou dans un bonheur indicible, sans que nous en sachions rien, sans que rien ne vienne nous en avertir. Le temps d’un claquement de doigts et paf, nous n’existons plus : parfait.

Je ne cesse de le répéter : je crois en dieu, en l’amour, en l’amitié, aux humains qui ne sont pas tous aussi malveillants qu’on veut nous le faire croire. Je crois que notre vie a un but – je ne sais pas lequel, mais je cherche et je mourrai sans savoir, mais là n’est pas l’essentiel : il se pourrait que l’essentiel soit notre conversation, ici et maintenant. Il se pourrait que tout ce qui s’invente, tout ce qui nous sert à aller d’un point à l’autre de la planète Terre en un ou deux clics, téléphones, internet, et Google Earth inclus soit la finalité d’un projet établi depuis des millénaires par plus grand et plus fort que nous tous – je le répète : je ne sais pas plus que vous, j‘avance dans un brouillard intense : mais j‘avance. C’est pourquoi, souvent, je dis que, un jour, j’ai décidé de croire : et depuis, je continue.

Un ami nouveau m’a dit dans un message privé, hier “Je sens que vous aussi vous doutez “ Hé bien entendu que je doute, faudrait être vraiment idiots pour ne pas douter Mais malgré les questions, les doutes et les interrogations, je reste confiante ; allez donc savoir pourquoi ?

Quant aux institutions religieuses, halte : je ne me réfère à aucune, mon dieu est universel. Les hommes ont fait les religions, les hommes les ont défaites, refaites, surfaites. Les hommes (mâles) s’en sont servis contre l’autre moitié de l’humanité pour l’asservir, cette seconde moitié sexe faible pendant des siècles ; et on dirait bien que ça va recommencer si on n’y prend garde. Alors, les institutions, non. Même les livres saints, c’est à considérer avec circonspection. La parole divine se résume en très peu de mots, finalement. Et ce mot, ou ces mots, résonnent au creux de chacun : c’est très personnel, dieu, en somme.

En conclusion, ma croyance est très simple : les lois humaines, les théories, les dogmes, non. Mais pour chacun de nous l’esprit, pour soi, parce que nous ne sommes pas des animaux et que nous sommes doués de pensée et de raisonnement. Oui.

Et aussi d’émotions. Mais c’est une autre histoire.

 

05/14/2010

Scellement

L’amour comme un solide scellement ?, demande Kouki.

Je réponds oui, tant qu’il dure.

Mais peut-être cela va plus loin que la durée de l’amour pour celui-ci ou celle-là.. Peut-être le scellement, ce qui, béton, nous retient au bord de l’abîme, est-ce l’amour sans celui-ci ou celle-là, mais l’amour tout court.

Il suffirait alors, plutôt que d’aligner des mots sur un écran, de devenir experts en amour ? Pour arriver au scellement, au sceau ?

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05/01/2010

Un défi ?

J’aime bien les défis, surtout lorsqu’il faut peiner pour les relever. Un défît bien à plat, écrasé par terre, et qui demande un effort. Je ne parle pas de ces petits défis de rien du tout qui se tiennent parfaitement à la verticale tout seuls, mais qui inventent une faiblesse pour qu’on les prenne en pitié. Ceux que j’aime, ce sont les vrais défis récalcitrants, ceux qui mordent la main qui se tend pour les aider. A la bonne heure

Le défi que j’ai rencontré hier est de ceux qui stimulent, et qui, en même temps, me rendent songeuse : ce défi demande tout simplement d’inventer une histoire à partir d’une photographie, dans le plus pur style “ atelier d’écriture” ; et dieu ( Dieu) sait que si j’ai quelque chose en horreur, ce sont bien les ateliers, qu’ils soient d’écriture ou de quoique ce soit d’autre. Vous savez, ces groupes où un monsieur ou une dame, s’intitulant “meneur de jeu” ou (si, si, je vous affirme que je l’ai rencontré) “directrice d’atelier”, se croit obligé-e de déplacer vos virgules là où elles n’ont rien à faire et de mettre vos phrases dans des chaussures orthopédiques de telle sorte qu’elles n’arrivent plus à aligner un pas devant l’autre. Bref, parlez-moi d’atelier d’écriture et je vois rouge.

Mais parlez-moi de JEU, et je fonds.

C’est-ce que nous propose Madame Kévin. A partir d’une photographie en couleur ou en noir et blanc, elle propose à ses lecteurs et lectrices d’écrire une histoire. Rien de plus classique. Mais elle présente cela comme un jeu, pas comme un concours, ni un devoir, ni une punition. Elle ne nous dit pas : “ Je choisirai le meilleur”. Elle ne nous claironne pas :” Je mettrai mon choix en support papier “. Elle ne met pas les joueurs en compétition. Tout se passe dans la cour de la récré, petit Nicolas. De plus, et ca ne gâte rien, elle a un mot gentil pour chaque auteur et le don de l’encouragement.

Le jeu de Mai des1000 mots est lancé depuis hier, sur une photo calme et sereine ; peut-être un peu trop calme et un peu trop sereine pour la mode littéraire actuelle. Mais justement, si challenge il doit y avoir, c’est là que je le rencontre : dans les couleurs passées, pastel, bleu layette, et les clichés dans le cliché.

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Alors ? Et bien j’ai commencé, je vous laisse, je voudrais finir avant ce soir : vous en aurez la primeur.

04/30/2010

Christine Jeanney

Sur son blog TENTATIVES, Christine Jeanney aussi parle de listes

04/30/2010

Listes

J’aime faire des listes, j’en fais tout le temps, pour le plaisir et par paresse, parce que c’est plus simple de mettre les choses dont on veut se souvenir en liste, en mots sur un papier – un dos d’enveloppe fait aussi très bien l’affaire – plutôt que de me retrouver au milieu du magasin en cherchant désespérément ce que je suis en train d’oublier ; la chose importante, urgente ; parfois celle qui a motivé la course à l’épicerie. Et rien qui me fasses râler plus que devoir y retourner, au magasin, une heure plus tard, parce que « Ah, mais c’est bien sûr !« , le truc m’est revenu subitement en mémoire au moment où je rentre la voiture dans l’allée de la maison.
 
Donc, j’ai commencé (voir colonne de droite) la liste des blogs que je visite, qu’on m’a conseillés, et que j’ai survolés d’abord, puis revisités au moins trois fois. Lorsque mon opinion – la bonne – s’est trouvée renforcée à la troisième visite, je mets le blog en liste, façon pratique d’y retourner d’un clic d’un seul.

Tous les blogs qui sont dans ma liste sont donc des blogs que je connais pour les fréquenter, et certains depuis longtemps ; d’autres ont eu au minimum trois visites. Tous parlent écritures, et certains chantent, aussi, peignent, sculptent et photographient.

Tous sont francophones.

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04/29/2010

Lancement de textes

Je lance des textes à travers ce blog, comme sur un cahier de brouillon : bousillages est le premier d’une série concernant le CRI. Comment ça marche ? et bien, je commence un texte et je le continue, le corrige, le reprends au fur et à mesure de l’inspiration et de Calli, muse de l’écriture.

C’est aussi simple que cela.

04/28/2010

Bousillages

Il lui faut crier, c’est devenu d’une telle urgence qu’il s’arrête, figé en statue, un pied à peine posé à terre, et il regarde au tour de lui. Le cri bloqué au milieu de la gorge, il lui faudrait déglutir pour le rentrer dans l’obscurité des poumons, dans les cavernes interdites. Le cri refuse de coopérer, se fait râpeux.
 
 – Pardon, Monsieur, dit l’enfant
 
Il ne répond pas mais penche un peu la tête pour apercevoir, à ses pieds, un petit bout d’homme qui lui arrive à peine à mi-cuisse. Sa bouche s’entrouvre sur un sourire que la tension des dernières heures transforme en rictus.

– Pardon, Monsieur, répète l’enfant dans un souffle.

Il tend la main vers celle de l’homme, juste à sa portée, et s’agrippe à lui en répétant : “ Pardon, Monsieur”
Ils se mettent à marcher.

“Il aurait fallu prendre à droite“, pense l’homme en modérant ses pas, en les mesurant sur ceux de son compagnon. “Il aurait fallu aller vers les montagnes..”

Une phrase tourne à vide dans sa tête, quelque chose qui parle d’apocalypse et de l’urgence de délaisser alors les plaines, de grimper vers les sommets.

Au lieu de cela, dans les bruits et les poussières, il a pris à gauche, vers la mer.

L’enfant avance vite, petit bout d’homme habitué à marcher. Il ne parle pas, ne chante pas. Il marche et parfois sautille en se suspendant à la main de l’homme. Quand ils arrivent en haut de la dune, à l’endroit où il leur faudra descendre vers la mer, le bruit derrière eux se fond dans l’espace et l’enfant lève la tête, regarde le ciel :  » Tu entends Monsieur ? Il va faire silence » dit-il

La plage vide jusqu’aux rochers, jusqu’à la barre noire des pins, jusqu’aux falaises. La plage vide et lisse et l’eau remuante, verte et bleue, avec l’ourlet d’écume blanche, le dessin des coquillages abandonnés mêlés aux cailloux, aux bouts de bois ronges par l’eau salée, blanchis par le soleil.

Pas de soleil aujourd’hui

04/28/2010

Oui, la Glaneuse, mais ..

…mais est-ce légal, de copier des textes et de les apporter jusqu’ici ?

Ah ?? Bonne question.

Le palliatif : mettre seulement le lien.

Il y a des jours où la FACILITE que nous apporte l’internet devient INQUIETANTE.

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04/27/2010

La Glaneuse

Vous avez vu ce film d’Agnès Varda, les Glaneurs ?

Je m’inspire d’elle pour ma expérience prochaine sur le web, glaner les textes qui me plaisent, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, – non, les “pas du tout’ je les laisse.

Car je ne sais pas comment ça se passe chez vous, mais moi, je perds les traces, je suis un mauvais petit poucet, les oiseaux mangent les miettes, les cailloux roulent dans les sous-bois, et la craie s’efface. Bref, je perds ma route, je ne retrouve plus mon chemin et je passerais mon temps à chercher sans aucun résultât valable car, même si je retrouvais les textes chez l’un ou l’autre, comme je ne reviens pas le lendemain, et que mes auteurs webbiques favoris ont tendance à écrire a la vitesse du son, la page que j’aimais est déjà tournée, quand ce n’est pas perdu au fin fond des archives – et va donc savoir quand je l’ai lu, ce texte ? Faudrait que je me tape des pleins mois d’archives – non, mais j’ai aussi une vie, moi.

Tandis que là, aussitôt lu et apprécié, hop ,empaqueté et rangé ici sur mes étagères, hop, hop.. Je m’y retrouverai ..

Il n’y a pas mieux organisé qu’une désorganisée.

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