Posts tagged ‘Eric Chevillard’

05/04/2010

Elitisme, snobisme intellectuel, et ta sœur ?

Faut-il écrire pour soi ou pour les autres ? Pouvons-nous nous dire “auteurs” si nous écrivons sans avoir jamais publiés ? A partir de combien de livres édités ( et si possible chez un éditeur somptueux genre Gallimard) pouvons nous nous considérer comme un écrivain-un-vrai-un-grand ?

Et le sexe des anges ?

“Moi je ne lis que ce qui me plait“, énonce celui-ci gravement. Je me demande in petto comment diantre peut-il savoir à l’avance si ce qu’il va lire lui plaira, mais il y en a qui sont nantis du don de seconde et troisième vue – des autres, dont je fais partie, qui ne savent pas jusqu’à la page 114 que le livre qu’ils ont ( au choix) emprunté à la biblio, acheté à la Fnac ou volé mine de rien chez un ami sera “celui qui leur plaira” ou non.

“Moi, je ne lis que pour parfaire ma culture“, dit celle-ci – et la connaissant, je n’en attendais pas moins. Mais après tout, pourquoi pas ?

“Moi, je lis tout ce qui sort“, dit l‘autre. Là, je me dis qu’il ou elle a du temps à perdre, et de longues heures tranquilles. Car il en sort, depuis quelques mois, il y a un renouveau dans l’édition traditionnelle, sans compter toutes les revues, et tous les magazines qui sont à notre disposition sur la toile. Tiens, par exemple : pour parcourir la revue d’Eric Chevillard, il faut deux bonnes heures, chaque mois. Et comme elle est superbe, il est bon de la relire plusieurs fois. On découvrira quelques trésors nouveaux à chaque nouvelle lecture.

Donc, la question reste entière : alors, écrivons-nous pour une élite, pour nos amis, pour nous, ou pour les anges ? Bref : pourquoi écrivons-nous ? Pour QUI ?

05/02/2010

Un petit train de mots

Comment un petit train de mots franchirait-il l’abîme qui sépare ma bouche de ton oreille?Éric Chevillard

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Franchir l’abîme que nous créons à coups de pourquoi, et Brel l’a bien compris, puisqu’il la mis en chanson triste, en poésie sanglots. Nous pourrions nous aussi pleurer ne me quittes pas, nous ne le ferons pas pour la simple et stupide raison que la mode n’est plus au romantisme et qu’on ne pleure pas, nous, Monsieur.

On sarcasme, au pire. Au mieux, on silence.

Et puis, ta bouche, mon oreille, tout ça n’existe pas vraiment si j’en crois les grandes théories actuelles qui visent à démontrer que rien de ce qui nous est invisible n’existe. Facon radicale de tuer Dieu.

Tu m’es invisible comme je le suis pour toi. Ce ne sont pas quelques photos affichées sur l’écran, lancées un soir de douce lune dans la galaxie du web qui y changeront quelque chose. Je peux mettre ici autant de bouches et d’oreilles que je voudrais sans que jamais aucune ne corresponde aux miennes.

Ton oreille m’est fermée, comme ma bouche est close et réciproquement.

Mais les yeux ?

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